Evénements Bastidons au XIV° siècle

1321

L’évêque de GAP, Guillaume d’ESCLAPON, donne à bail, des terres qu’il possède sur le territoire de la Bâtie-Neuve à Guillaume AUBIN de Tornafortum, à Guillaume MERLE ad Sanctum Pancracium, Jean et Arnoux ORSIERE ultra rivum Tornafortum, Jean CHABISCOLI ad Tornafortum, Jean CROTALI et Antoine DEVOLUY in Castro. Etaient présents à la transaction Hugues ROSTAN, notaire et frère ROSTAIN de MONTORCIER, recteur de l’hôpital de la Bâtie-Neuve ; les témoins étaient : Jacques VIDAL du mas de Montreviol, Antoine ERNANDI, Jean FRENANDI de Montreviol, Guillaume ESPITALIER d’Ancelle, SISMONDA, veuve de Jean FAUDON de la Rochette.

1547

Le 30 octobre, Antoine PECHOUR-FAURE, laboureur et mulatier à la Bâtie-Neuve, à peu près aveugle depuis deux mois, fait son testament en faveur de Pancrace, prêtre, Guillaume et Jean ses fils, le dernier établi chaussetier à Gap.
Il sera enseveli en l’église parochiale de Saint-Pancrace au tombeau de ses prédécesseurs, voulant vingt-quatre prêtres chantant messe être appelés à son enterrement et autant au bout de la neuvaine et au bout de l’an. A chacun de ses enfants donnera 2 sols et deniers.

1556

Antoine PECHOUR-FAURE de la Bâtie-Neuve émancipe ses fils Guillaume et Jacques, son fils Jean échange avec Etienne MEYSSONIER de la Bâtie-Vieille des terres situées à la Bâtie-Neuve, transaction opérée en le cabinet attenant la garde-robe près salle Domini, au château de la Bâtie-Neuve.

1557

Inventaire des biens de feu Antoine AUBIN de la Bâtie-Neuve pour servir à Jean, son fils et héritier, à la requête de Marguerite BOREL, sa mère et tutrice, veuve dudit AUBIN et qui entend se remarier : maison au mas des Aubins, terres au champ de Thelme, au Sagnasson, au mas des Bernards, au champ de l’hôpital, au pré de Bertrandet, aux Esparcelhas, à l’adret de Montgardin, plus deux vaches poil rouge, un veau, huit chèvres blanches, deux brebis blanches.

1565

A La Bâtie-Neuve, à la basse-cour du château, quittance de 50 Sols données à Jean BOREL, tuteur et oncle de Marguerite BOREL, fille de feu Michel, somme qu’il avait reçue de Pons BOREL, grand-père de celle-ci. En 1566, Jean Borel et Claude GUEYDAN sont nommés consuls de la Bâtie-Neuve et sont témoins à la vente faite par l’évêque de Gap, à Barthélémy BLANC «maître-chaussatier» ou «maître couturier» à la Bâtie-Neuve, d’un pré des Viaux pour 100 florins. Ledit Jean BOREL avait acquis une terre sise au Forest-la-Combe de Vincent PROVENCAL pour 26 florins 4 sols.

Nous savons qu’en 1553, un tisserand était établi à La Bâtie-Neuve du nom de Blaise LEYDET, que Jacques MEZEL en 1560 exploitait un des moulins du village, qu’ Antoine BOREL y était barbier en 1572, à sa mort il demandait à être enseveli au cimetière de St-Pancrace et donnait à Marguerite et Madeleine, ses filles, 400 florins, à Marguerite NATURALLE, sa femme, par an, 4 charges de froment, 6 sétiers de vin rouge, 25 livres de chair, moitié salée, moitié lard, moitié bœuf et mouton, 25 livres de froment ainsi que le logement. Pour le reste, ses héritiers sont Claude et Jacques BOREL, ses fils. Nous savons encore que Jacques BOREL était charpentier à La Bâtie-Neuve et qu’il reçut de l’évêque de Gap, en 1573, 22 écus et 50 sols pour réparer « l’escuyerie de la maison épiscopale et la galerie du grand jardin » ; qu’Anthelme BOREL avait vu ses biens confisqués par l’évêque Pierre de PAPARIN qui en avait fait don à son palefrenier Jean ALLEGRE ; que Pons MOUGIN âgé de trente six ans, était laboureur ; que Claude CHEVALIER, soixante ans, était charpentier, Jean BOREL, quarante six ans, cultivateur, alors que la peste sévissait en 1565.
Ils témoignaient que « peu avant la St-Michel, en septembre 1564, divers pestiférés avaient été enfermés dans des cabanes au lieu dit Les Adrets, territoire de La Bâtie-Neuve, que le vicaire ASTIER avait été commis pour recevoir leurs dernières volontés, ou d’autres actes, comme le legs fait par Gabriel MONGIN, pestiféré ».
(Extraits du tome 4 des archives de l’abbé Guillaume).

Nous pourrions multiplier les exemples, au risque de lasser le lecteur, aussi sautons deux siècles et nous retrouvons les mêmes familles établies à La Bâtie-Neuve. En effet en 1771 y étaient propriétaires François PEYRON dit Bonne qui exerçait la fonction d’aubergiste – Grégoire AUBIN – Pierre MEYSSONNIER – Jean ROUGNY installé à Montreviol – Etienne DIDIER, négociant à Combevinouse, hameau de La Bâtie-Neuve, aujourd’hui désert, – Grégoire AUBIN, laboureur – Charles DEVOLUY- Guillaume ARNOUX, ces derniers condamnés à payer la somme de 12 civayers de froment, 8 civayers d’avoine, 18 sols d’argent pour les droits seigneuriaux dûs au marquis d’AGOULT.
Nous trouvons dans l’inventaire de l’abbé Guillaume, la relation de très nombreux procès faits soit par les évêques de Gap, soit par les recteurs de l’abbaye de Boscodon, soit par les seigneurs propriétaires du château et autres terres qui n’arrivaient pas à faire rentrer leurs revenus. En 1369 les bastidons avaient eu recours à la Cour apostolique d’Avignon, protestant de leur impossibilité à régler un florin par tête, ils avaient eu gain de cause.

L’organisation judiciaire avant le XIIIe siècle est mal connue, le Gapençais dépendait des comtes de Provence, les causes soumises au baillage étaient civiles, ou criminelles, civiles le plus souvent comme les réclamations de créances, les revendications de droits conventionnels ou fonciers. Les procès criminels étaient peu nombreux, cela prouverait-il que la tranquillité publique était peu souvent troublée ? Non d’autant plus que le clergé se chargeait lui aussi d’édicter des interdictions qu’il entendait faire respecter, assorties qu’elles étaient de menaces d’excommunication ou de damnation éternelle. Le 12 mai 1582, l’évêque Pierre de PAPARIN avait fait proclamer «à voix de cry public» :

- Défense de jurer, blasphémer le nom de Dieu et de la Vierge Marie, des Saints et Saintes du Paradis, sous peine de 20 écus pour la première fois, de 50 pour la seconde et de 100 pour la troisième, avec l’assurance d’avoir alors la langue percée !
- Défense de travailler les dimanches et fêtes, pendant les offices ; de s’offenser en parole, de porter armes, de causer du dommage aux propriétés, de se servir d’autres poids et mesures que ceux signés de la marque dudit évêque et de ses armoiries, de fréquenter les cabarets, de contracter mariage avec enfants ou avec filles publiques, de chasser dans les bois et garennes du seigneur…

En somme un vrai code de bonne conduite.
Au XVIIIe siècle, la juridiction civile n’hésitait pas à saisir les terres des bastidons impécunieux : ainsi Arnoux BOREL fut sommé de payer sous 3 jours, les arrérages de rente qu’il devait à l’abbaye de Boscodon, en raison de son bail à ferme, à peine de saisie de son domaine des Césaris, de ses immeubles situés aux Aubins, au Pré des morts, aux Moulins… BOREL aurait dû aussi payer, depuis 1757 et nous sommes en 1772, soixante quinze livres, à donner deux paires de poulets, à faire de menues réparations à l’abbaye, à planter six noyers, peupliers ou saules ce qu’il n’avait point fait. Et à laisser en fin de bail 15 quintaux, moitié foin, moitié paille et 3 charges de blé pour la semence. BOREL ne put jamais acquitter cet arriéré.
Voici un exemple parmi beaucoup d’autres.


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