L’église Notre-Dame de Consolation

Nous tenons là un autre lieu remarquable de La Bâtie-Neuve. L’église remonte au XVIe siècle, c’est un bâtiment important de 25 mètres de long et de 6 mètres de large, les murs montrent une belle épaisseur de 2 mètres, ce qui l’apparente à une église fortifiée ; il est vrai qu’elle est située au bout du barri, c’est-à-dire à la fin ou au début des remparts d’enceinte. L’abbé ALLEMAND nous en donne une description précise : la nef est montée en berceau et à plein cintre, elle forme trois sections divisées entre mêlées par des arcs-doubleaux retombant sur des piliers dont les chapiteaux sont ornés de feuilles d’acanthe. Le chœur est en cul de four et plus élevé que la nef. A l’intérieur on remarque un maître-autel dont les gradins et le retable sont en bois sculpté et doré avec des colonnettes torses et des statuettes du XVIIIe siècle. C’est en plus important un maître-autel ressemblant à celui qui orne la chapelle de Saint-Pancrace. L’un et l’autre sont toujours visibles, toutefois « délestés » des statuettes qui les ornaient et ils n’occupent plus leur place initiale dans le chœur, depuis que le Concile Vatican II fait célébrer la Messe face au public. Cet autel baroque repose sur un meuble peint portant les armoiries de l’ordre de Saint-Dominique : «d’azur à un chien d’argent, portant dans sa gueule un flambeau de même, surmonté d’une étoile d’or».

La Bâtie-Neuve : autel baroque

La Bâtie-Neuve : autel baroque

La Bâtie-Neuve : Notre-Dame de Consolation

La Bâtie-Neuve : Notre-Dame de Consolation

La Bâtie-Neuve : Notre-Dame de Consolation

La Bâtie-Neuve : Notre-Dame de Consolation

L’on suppose qu’il viendrait de la chapelle de la ferme du Couvent, nom d’un quartier qui appartenait à la famille PINET de MANTEYER sur lequel aurait été édifié une maison fermière, bénéfice des dominicaines de Gap. De cet immeuble il ne reste rien. L’autel était surmonté par une toile de taille importante représentant la Vierge Marie écrasant le serpent, debout sur le globe terrestre. Cette œuvre d’un peintre inconnu fut offerte à l’église de la Bâtie-Neuve par Arthur de LIONNE (1639-1675). Cet évêque fit de fréquentes visites dans les églises et chapelles dépendant de son diocèse, qu’il déclarait fort pauvre. Il offrit 500 livres pour être employées à l’achat de calice, patère, ciboire en argent, avec un soleil doré à exposer le saint sacrement quand besoin sera et un tableau convenable pour le maître-autel de l’église, ainsi qu’un ensemble d’autres ornements. Le 16 avril 1661 (tome IV des archives) lors de sa tournée épiscopale l’église du bourg était presque ruinée «n’y ayant aucun habit ni ornement de valeur, excepté une croix d’alchimie qui est assez honnête », alors qu’en 1641 et 1650 l’église de Saint Pancrace est en fort bon état. En 1632 des travaux de restauration vont être entrepris, à Notre-Dame de Consolation ; elle sera dite en 1685 bien voûtée.

Le 1er septembre 1711, sur requête des habitants de la Bâtie-Neuve, l’évêque François BERGER de MALISSOLES (1706-1738) autorise la construction de fonds baptismaux en l’église de Saint-Pancrace «pour y pouvoir baptiser en cas de nécessité», ce qui suppose qu’en l’église du bourg, il n’en avait pas été édifié. Le 16 janvier 1732, il règle à Jean TAIX, menuisier à la Bâtie-Neuve la somme de 80 livres, pour avoir fourni le bois et fait des boiseries en noyer placées dans le chœur de Notre-Dame de Consolation dont le plafond était peint en bleu ciel et orné d’étoiles. Son successeur Jean-Marie de CARITAT de CONDORCET (1741-1754) poursuit pendant sa longue présence à l’évêché de Gap, les embellissements de ses églises. Il se pourrait que ce fut lui qui ait offert à La Bâtie-Neuve une grande toile représentant le portrait d’un saint actuellement entreposé dans les réserves de la cure bastidonne. Il aurait coûté 43 livres.

Nous connaissons le nom de tous les curés qui se sont succédés à Saint-Pancrace et au bourg. De 1792 à 1812, ce sont MM. MEYSSONIER et PONS, originaires de la Bâtie-Neuve qui y officient. La famille du premier fera ériger une croix dressée sur un socle de pierre du pays. Une cuve baptismale provenant de chez M. Léon ESPITALIER de Montgardin, sera aménagée sous la tribune, près les confessionnaux. Elle est en pierre du pays et de belle forme. L’église connaît à nouveau un besoin de restauration, elle est temporairement fermée et Saint-Pancrace, restauré, redevient la paroisse du village.
Sur la façade externe de l’église, près la porte d’entrée, est apposé le monument aux Morts. On compte 22 noms de valeureux bastidons qui ont donné leurs vies en 1914-18, 2 sont tombés en 1940-44, et 1 en Indochine.

Monument aux Morts

Monument aux Morts

L’église sert d’appui à une arche de pierres reliée aujourd’hui à une des maisons du village, hors enceinte primitive. Elle est la porte d’entrée de la rue principale. Etait-elle dotée d’une lourde fermeture de bois comme en comportaient de nombreuses cités fortifiées, nous ne saurions le dire, mais elle contribue à garder à La Bâtie-Neuve son caractère moyenâgeux.

La Bâtie-Neuve : entrée du village

La Bâtie-Neuve : entrée du village

Le clocher de l’église est percé de trois emplacements, mais il n’aura qu’une cloche pendant longtemps, ce qui sera l’objet de moqueries gapençaises. François MEYSSONNIER, notaire à la Bâtie-Neuve, sera le parrain de la cloche fondue en 1865 par Jean CHASTAN, fondeur à Gap.


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