La route de César et les Césaris

César serait-il passé aux Césaris ?

Vers les années 120 avant J.C., l’influence de Rome commence à se faire sentir en Gaule Transalpine. La vallée de la Durance est une voie commode pour passer en Italie, commode mais pas toujours sans obstacles car les petites tribus installées sur ces territoires, veulent rester indépendantes. C’est le cas des Caturiges (Chorges) Cinquante ans après, environ, l’un des chefs les plus puissants est DONNO ; s’il veut entrer en Gaule, César doit obtenir de lui le droit de passage car il contrôle les voies d’accès de la Durance à la vallée du Pô. Ses successeurs, en 20 avant J.C., vont commander les travaux d’aménagement de la voie appelée « VIA COTTIA per ALPEM », dans le but de rejoindre la via DOMITIA venant d’Arles. Elle comprenait six étapes : Briançon, Embrun, Chorges, Ictodurum (Montreviol), puis Gap et Sisteron par Monetier Allemont (Alabona). Entre 14 et 6 avant J.C., l’ouvrage est termine.
La via Cottia avait donc une étape à Montreviol, de là, une viola filait sur Ancelle et le Champsaur, il est fort probable qu’elle ait fait jonction avec la via SOUBEYRANE, branche de la via Domitia qui reliait Chorges à Gap. Les CESARIS sont sur ce tracé. Si l’on ne s’attache pas trop aux dates par patriotisme local, à quelques années près, César a bien pu venir seconder COTTIUS dans sa tâche de soumission des populations alpines, ce qui fut fait entre 14 et 6 avant J.C.
Quoiqu’il en soit, César marcha à travers les Alpes quand il alla combattre les « barbares », qu’il soumit. Traversant un misérable village, il déclara qu’il « aimerait mieux être le premier dans ce village, plutôt que le second dans Rome. Misérable, sans doute ; il est vrai qu’à coté des splendeurs de la Ville Eternelle…
Oublions le qualificatif et ne retenons que le compliment, qui nous voulons le croire s’adresse à notre hameau bastidon ; il fait si bon vivre à la Bâtie Neuve !

Les Césaris sont aussi connus en raison de l’assassinat qui y eut lieu en janvier 1564. A cette date la peste sévissait à Gap, Antoine RAMBAUD, sieur de FURMEYER était venu se réfugier en ce hameau pensant fuir la contagion. Hélas ! Il y trouva une mort violente. Ses convictions religieuses lui avaient fait prendre le parti des Réformés. A l’appel de son frère, le chanoine Rambaud, exclu du chapitre de Gap pour hérésie, il occupa en 1562, Tallard et Gap, puis il abandonna les deux villes, engagea LESDIGUIERES dans son régiment, reçut en 1563, des états provinciaux des Réformés, le commandement de tout le Gapençais, assiégea Gap en I564, mais devant le fléau qui la frappait, fila sur la Bâtie Neuve qui ne connaissait pas encore la peste. Après la mort de son frère, le chanoine reprit le nom de FURMEYER, en sa mémoire.
Georges DIOQUE (Dict. biog. des Hautes-Alpes)

Retraçons encore, une découverte inexploitée faite sur ce site et relevée par l’historien François VALLON CORSE, en 1712 : « Au hameau des Césaris, à environ une lieue de Chorges, écrit-il, un paysan, élargissant sa chaumière, découvrit dans les fondations qu’il creusait, un sceptre, un collier et des bracelets en or. Il ne conserva pas ce trésor, le vendit à Gap puis il fut porté à Lyon où la valeur de ce précieux métal, fit par la fonte que l‘on en fit, dénaturer ces précieux restes de l’antiquité. Ils pouvaient être les ornements de rois caturigiens, et auraient pu déposer en faveur de leur existence, s’ils avaient pu être examinés par quelques experts ». Hélas on ne peut rien en dire de plus.


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