Montreviol

Ce hameau est le plus éloigné du Bourg en direction de la Rochette (Gap). Son nom dériverait de « Monte-Roverio », ou pour Georges de Manteyer de « mons Roboris », le mont des chênes, et pour un groupe de chercheurs anonymes de « Monstrat violam » : lieu où commence la petite voie (viol étant utilisé au Moyen Age pour désigner un chemin).
Nous avons vu aussi que Montreviol était supposé être l’Ictodurum désigné par la Table de Peutinger et par le géographe de Ravenne. Quoi qu’il en soit cette terre était au Moyen-Age un fief appartenant au Dauphin. Mais l’évêque de Gap, depuis des temps immémoriaux, avait des droits sur le mandement de la Bâtie, comme aussi le comte de Provence. Cet état de fait ne pouvait engendrer que contestations et différends, ce qui se produisit en 1422, lorsque l’évêque voulut étendre sa juridiction. Le gouverneur du Dauphiné instruisit et débouta en 1463 l’évêque de ses prétentions sur Montreviol. Le Dauphin était souvent impécunieux, il vendit en 1521 à Honoré de BONNE, seigneur de la Rochette et d’Auriac, le fief de Montreviol pour 300 écus.

La famille de Bonne apparaît en 1210 avec Vincent, seigneur des Diguières, notaire de Saint-Bonnet en Champsaur ; ses descendants lui succédèrent dans cette charge jusqu’au XVIe siècle. Outre la branche des Diguières, on trouve celle de Veynes et d’Oze, d’Auriac et de Tallard, de la Motte et d’Ambel, de Molines, de Lazer et du Vercors, probablement aussi des Échelles en Savoie. Elle est l’une des plus grandes familles de ce pays et compte parmi ses représentants célèbres François, Duc de LESDIGUIERES (1543-1626) le connétable d’illustre mémoire.

En 1663, le Maréchal de Villeroy achète les terres de la Bâtie-Neuve, Montreviol, la Rochette et Auriac qui seront revendues en 1732 à Monsieur de LOVAT et en 1749 Montreviol seulement, au Sieur DARBET, bourgeois de Paris.
En ce hameau étaient érigés un château et une église, le premier semble avoir été détruit en même temps que celui de Tournefort en 1255. A l’origine, l’église appartient à des moines italiens de Brême, ainsi que l’atteste une bulle papale de 1152. Il est fait état, aussi, d’une chapelle dédiée à Saint-Claude, dont eu à s’occuper en 1545 Claude RONIN qui était le baille de ce hameau et enterré à la Rochette. En 1550, Giraud ROUGNY était prêtre de la paroisse. Sa famille apparaît dans de nombreux actes. En 1778, Jean ROUGNY vivait à Montreviol, où il cultivait une bonne partie des terres.
Pierre ROUGNY, le 30 aout 1787, adresse une requête à l’intendant du Dauphiné, avec son frère Etienne, Antoine DOUMENQ et Jean SARRAZIN, habitants du hameau et fermiers de Monsieur le Marquis d’AGOULT, seigneur de la Bâtie-Neuve et de Montreviol, « afin d’obtenir un secours pour amener de la hauteur appelée les CROS, un filet d’eau, n’en n’ayant point a Montreviol, et étant obligés les trois quart du temps d’avoir recours, pour leur usage et celui de leurs bestiaux, à un petit ruisseau appelé le CLOT, éloigné d’un quart de lieue, et même de faire fondre la neige en hiver. » On espère qu’ils obtinrent satisfaction.

Nous savons aussi que les VIDAL depuis le XIVe siècle habitaient Montreviol comme les ERENAUDI (Jean et Antoine), cités dans les actes de 1321. Les SARRAZIN (Marguerite vendit des terres en 1745), les COUTURIER (propriétaires depuis 1581), les DOUMENQ (Antoine et Blaise poursuivis en 1753 pour n’avoir pas réglé 120 livres, représentant une année de fermage) que pour les mêmes raisons, les récoltes de tous les habitants du hameau avaient été saisies en 1462 par l’évêque Gaucher de Forcalquier.
Enfin, il se pourrait, mais rien n’a été prouvé, qu’ils aient participé en 1762 à un cambriolage. Le procureur fiscal de l’époque adresse au juge de la Bâtie-Neuve une requête afin de « faire informer contre quelques personnes mal intentionnées qui se sont avisées de forcer les portes et les serrures servant aux différentes entrées de la basse-cour du château de la Bâtie-Neuve, ainsi que celles de la fabrique de faïences qui est dans l’intérieur de la dite basse-cour, où il a été pris et enlevés différents effets en différents temps, depuis le mois d’avril dernier. »

Sans doute cherchaient-ils un pot pour y cuire la poule célébrée par Henri IV !


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